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À Paris, un nouveau café missionnaire ouvre ses portes

MAGAZINE – Géré par cinq membres de la communauté brésilienne Shalom (1), un café associatif pour l’évangélisation a ouvert à Paris.

Avec sa devanture jaune citron, impossible de rater « Chez Moi », à deux pas de Notre-Dame-de-la-Croix (Paris, 20e). Sa porte reste toujours grande ouverte. À l’intérieur, des tables, des chaises et des canapés colorés se répartissent autour de la cuisine à l’américaine. L’ambiance y est cosy et chaleureuse, sur fond de musique brésilienne. Un tableau aux couleurs « pop », de l’artiste Kobra, représente le Christ rédempteur de Rio de Janeiro.

Qui dit café associatif dit aussi prix (très) abordables avec, ici, un zeste de créativité missionnaire dans les menus. Y sont proposés des spécialités latino-américaines, des jus de fruits tropicaux et des plats aux noms évocateurs : galette de tapioca Cristo Redentor, paninis Sainte-Thérèse et Maranatha, salade Lolek (le surnom donné dans sa jeunesse au pape Jean-Paul II).

Quatrième implantation sur le territoire Français

Après des implantations du même ordre à Aix-en-Provence, Toulon, Avignon et Cayenne, le café, tenu par cinq membres de la communauté catholique brésilienne Shalom (« paix », en hébreu) ouvre ses portes rue de Ménilmontant.

Dieu est vraiment présent en ce lieu. Au fond du café, une petite chapelle calme s’apprête à recevoir le Saint-Sacrement. Les membres partagent logement et prière à l’étage. Ces jeunes ont quitté leur famille et leurs amis du Brésil pour se donner à la mission : « C’est vraiment une vie contemplative dans l’action », souligne Amanda Pinheiro, brésilienne de 38 ans, la responsable.

À l’initiative de ce projet, le curé, Stéphane Palaz, qui a obtenu le soutien de son évêque auxiliaire, Mgr Denis Jachiet, présent lors de l’inauguration le 20 janvier dernier. Appartenant à la paroisse, cet espace laissé vacant tombait en ruine. Plutôt que d’opter pour une location, le Père Palaz eut à cœur de le transformer en espace d’évangélisation. Il avait rencontré la communauté Shalom lors des JMJ de 2013 à Rio de Janeiro. Un matin, il ressentit l’intuition qu’il fallait faire appel à elle.

« On a fait tout ce projet ensemble, explique Amanda. Ce café est un lieu d’accueil, comme une interface un peu neutre, où on peut recevoir des personnes qui ne vont pas forcément à l’église. » Elle ajoute avec enthousiasme : « Le fait d’être brésiliens nous aide à parler de notre foi. Car, contrairement à ce qui se passe en France, au Brésil, la foi n’est pas taboue. »

Adresse et horaires

 Ouverture du mardi au vendredi de 11 h 45 à 16 h 45 ; le jeudi et le samedi de 19 h 30 à 23 h.
 Temps de prière ouvert à tous le vendredi soir.
• Messe en musique à l’église Notre-Dame-de-la-Croix animée par missionnaires de la Communauté Shalom le samedi à 18 h.
• Coordonnées 
67, rue de Ménilmontant,
75020 Paris ;
tél. 09 52 14 45 78 ;
www.auchezmoi.fr

Claire Kesraoui

(1) Fondée en 1982, la communauté Shalom – qui compte aujourd’hui près de 9 000 membres, de tous les états de vie – a vu ses statuts approuvés par le Conseil pontifical pour les laïcs en 2012.

Ici on sert un panini Petite Thérèse et un tapioca Cristo Redentor !

 

Au cœur du quartier de Ménilmontant (Paris XXe), un café associatif tenu par les missionnaires de la communauté Shalom vient d’ouvrir ses portes. Reportage.

Bienvenue chez moi. Ici, tu es chez toi. Mais c’est aussi chez lui. Chez nous, en somme. Au secours ! Pas de panique, tout s’explique. Quatre murs et un toit vous accueillent : tables en bois, fauteuils bigarrés, guitare prête à l’emploi… Sur une cloison, un Christ Rédempteur stylisé façon pop tend les bras au visiteur. Vous êtes au « Chez moi« , un café associatif missionnaire fraîchement installé dans le quartier de Ménilmontant.

Le tapioca et le sourire du missionnaire 

Les prix défient toute concurrence. Entre le panini Petite Thérèse (3,80 €), le tapioca Cristo Redentor (1,50 €) ou le beijinho — petite bouchée à la noix de coco (0,50 €) —, même les clients les plus fauchés pourront s’y rassasier. Un lieu unique où l’on goûte à la fois au beurre, à l’argent du beurre et au sourire de la crémière. Ou serait-il plus à propos de parler du tapioca et du sourire du missionnaire ? En effet, le sourire est de mise avec la jeune équipe qui vous accueille. Amanda, Bruno, Samuel, Gracielly et Isabel sont venus jusqu’ici pour témoigner de leur amour de Jésus dans notre capitale. Des Brésiliens à Paris. Gene Kelly et Leslie Caron, mais en version catho-latino. Ils appartiennent à la communauté Shalom. Kesako ? Pour certains, ce mot évoque le fameux « Shalom pas vous, shalom lui ! ». En français, on le traduit par « paix ».

Née en 1982 à Fortaleza, au Brésil, cette communauté catholique est présente dans de nombreux pays du monde. Elle se compose d’hommes et de femmes de différents états de vie, prêtres, familles ou consacrés dans le célibat, qui s’engagent dans une vie communautaire et missionnaire pour porter l’Évangile à tous et en particulier à ceux qui sont éloigné du Christ et de l’Église. Ses missions sont plurielles : engagement auprès des enfants des rues ou des personnes droguées, mais aussi évangélisation à travers groupe de musique, communauté d’art ou… sandwicherie. En France, Shalom était déjà présent à Toulon, Avignon, Aix-en-Provence, Massy et Cayenne.

@comshalom

Bien plus qu’un troquet

Dans le quartier de Ménilmontant, la paroisse Notre-Dame de la Croix disposait d’un local situé dans une rue très animée. Entre salons de coiffures, bistrots et quincailleries, il tombait en désuétude. Le père Palaz, curé, avait l’intuition que ce lieu pouvait être fondamental pour la mission dans le quartier. La solution est donc tombée… du Ciel. Le prêtre avait découvert la communauté Shalom lors des JMJ de 2013 à Rio où il accompagnait des jeunes de sa paroisse. Un jour, cela a sonné comme une évidence : « Shalom ! ». Il a donc pris contact avec le père Cristiano, assistant international de la communauté. Une réflexion a abouti à l’ouverture de ce café… qui n’est pas un simple troquet.

 

Quand ils n’ont pas le nez dans le tapioca ou le jus de cajá, nos Brésiliens partagent également vie de communauté et vie pastorale. Leurs journées sont rythmées par différents temps de prière. D’ailleurs, l’oratoire reste ouvert pour ceux qui le souhaitent, qu’ils soient habitués, consommateurs occasionnels, proches ou loin de l’Église. Amanda Pinheiro, la responsable, relate « qu’à Toulon, certaines discussions commençaient autour de la table et finissaient à la chapelle ». Elle ajoute : « Nous voulons témoigner de la joie de notre foi. Nous ne sommes pas chargés de convertir, mais de témoigner. La semence qui est jetée ne nous appartient pas ». Elle raconte que le jour de l’inauguration, les jeunes sont restés longtemps après le départ de l’évêque, chantant et dansant aussi bien le forró que le rock ou la samba. Certains passants, attirés par cette atmosphère bon enfant, sont entrés pour se joindre à eux. « Au Brésil, on aime faire la fête. On a une joie naturelle ». Au fur et à mesure, d’autres propositions — culturelles, de loisirs — seront faites. Mais il est temps à présent d’aller commander un jus d’acérola et de faire comme chez soi.

Informations pratiques :

Café associatif « Chez Moi ».
67 rue de Ménilmontant – 75020 Paris
Site internet : Auchezmoi.fr
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